La réponse la plus exacte reste nuancée. La majorité des savants ont retenu une interdiction de la lecture du Coran pendant les menstrues, mais un groupe reconnu d’oulémas a jugé cette lecture permise, surtout de mémoire ou sur support non imprimé. Les sources citées dans ce débat montrent donc une divergence réelle, et non un consensus absolu.
Cette divergence dépend surtout de deux éléments : la valeur des hadiths invoqués et la distinction entre menstruation et état de junub. Le statut du mushaf imprimé, l’usage du smartphone, la récitation par cœur et les cas d’examen modifient aussi la réponse pratique. Les sections suivantes détaillent chaque point, pour aller plus loin.
- 💡 Majorité restrictive la plupart des oulémas interdisent la lecture jusqu’à la purification
- 💡 Avis permissifs Mālik, un avis d’Aḥmad, un avis attribué à al-Châfi‘î, Ibn Taymiyya et Ibn al-Qayyim permettent sous certaines formes
- 💡 Par cœur et numérique ces deux cas sont souvent admis par les partisans de la permission
- 💡 Mushaf imprimé son contact direct reste généralement déconseillé ou interdit selon l’avis majoritaire
Peut-on lire le coran pendant les règles ?
Les données disponibles montrent que la réponse la plus répandue dans le fiqh classique reste l’interdiction. La majorité des oulémas considèrent que la femme en période de menstrues ne lit pas le Coran jusqu’à la purification. Cet avis repose surtout sur des hadiths utilisés pour rapprocher ce cas de l’état de junub, c’est-à-dire l’impureté majeure après rapport intime ou émission de sperme.
D’autres savants ont toutefois retenu un avis différent. L’imam Mālik, un des deux avis rapportés de Aḥmad, ainsi que des positions citées chez des shafi‘ites, autorisent la récitation pendant les règles. Ibn Taymiyya formule un argument central : « Aucun texte explicite et authentique n’interdit à la femme ayant ses menstrues de réciter le Coran. » Cette citation revient dans plusieurs synthèses contemporaines, dont IslamQA du 15 janvier 2001. Pour aller plus loin, il faut donc distinguer l’avis majoritaire de l’avis permissif.
Sur le plan pratique, beaucoup de réponses modernes distinguent la récitation normale, la lecture depuis un mushaf imprimé et la lecture sur écran. Les contenus consultés, notamment Islamweb 2013 et des réponses de savants contemporains, montrent qu’une femme peut suivre l’avis strict ou l’avis permissif selon l’enseignement reçu. Cette question demande donc une lecture précise des preuves et non une réponse uniforme. Pour aller plus loin, il faut examiner la cause de la divergence.
Pourquoi les savants divergent sur cette question
La divergence s’explique d’abord par la qualité des preuves invoquées. Une partie des juristes a retenu l’interdiction à partir de récits attribués à Ibn ‘Omar ou à partir d’une analogie avec l’état de junub. Une autre partie a estimé que ces textes ne suffisent pas, soit parce qu’ils sont faibles, soit parce qu’ils visent un autre état rituel. Ce point technique commande presque toute la discussion.
La seconde cause porte sur la nature même des menstrues. Plusieurs savants considèrent que la menstruation ne se traite pas comme le junub, car sa durée échappe au contrôle et peut se prolonger plusieurs jours. Dar al-Iftaa, dans une réponse du 18 décembre 2024, interdit clairement la lecture du Coran pour le junub, de mémoire ou à partir du mushaf, tout en rappelant que Mālik a fait une exception pour la femme en menstrues en raison de cette durée incontrôlable. Pour aller plus loin, il faut comparer les hadiths invoqués et l’argument de l’absence de texte décisif.
Les hadiths invoqués pour l’interdiction
Le hadith souvent cité affirme que la femme qui a ses menstrues et la personne en impureté majeure ne doivent rien réciter du Coran. Un autre texte rapporté d’Ibn ‘Omar donne le même sens. Ces récits existent dans les recueils et servent d’appui à l’avis majoritaire, mais plusieurs spécialistes du hadith les ont jugés faibles, ma‘lûl ou da‘îf. Cette faiblesse explique pourquoi leur portée normative reste discutée.
Un autre argument s’appuie sur un récit d’Ali selon lequel le Prophète enseignait le Coran tant qu’il n’était pas en état d’impureté majeure. Les juristes restrictifs en tirent une analogie avec la femme en période de règles. Les juristes permissifs répondent que le texte parle du junub et non du haydh, ce qui limite l’extension du raisonnement. Pour aller plus loin, il faut donc mesurer la différence entre preuve directe et analogie.
L’argument de l’absence de texte explicite et authentique
L’argument permissif repose sur une formule souvent attribuée à Ibn Taymiyya : « Aucun texte explicite et authentique n’interdit à la femme ayant ses menstrues de réciter le Coran. » Cette position considère que la règle d’origine reste la permission tant qu’aucune interdiction claire et authentique ne s’impose. IslamQA, dans sa réponse datée du 15 janvier 2001, présente justement cette structure argumentative.
Ibn al-Qayyim ajoute un argument pratique. Il écrit qu’il est permis à la femme ayant ses menstrues de réciter le Coran, car elle ne peut pas toujours rattraper cette récitation ensuite et risque d’oublier ce qu’elle a mémorisé. Cet argument vise surtout les étudiantes, les enseignantes et les personnes engagées dans la mémorisation. Pour aller plus loin, il faut voir comment ces raisonnements se traduisent dans les écoles de fiqh.
Que disent les écoles de fiqh sur la lecture pendant les règles ?
Les écoles juridiques ne parlent pas d’une seule voix. L’avis majoritaire reste restrictif et interdit la lecture du Coran à la femme indisposée jusqu’à la fin des menstrues. En parallèle, un courant ancien et continu a retenu la permission, surtout lorsque la récitation sert à la mémorisation, à l’enseignement ou à l’entretien des acquis. Cette pluralité explique la persistance du débat jusqu’aux fatwas récentes.
Les sources modernes résument souvent cette carte des avis de manière pratique. Islamweb, dans la fatwa n°201700 publiée le 25-03-2013, expose cette divergence. Les reprises de Sajidine, 3ilmchar3i et An-Nassiha vont dans le même sens : majorité restrictive, minorité permissive, avec nuances selon le mode de lecture. Pour aller plus loin, il faut distinguer l’avis majoritaire et les avis permissifs cités.
L’avis majoritaire : l’interdiction jusqu’à la purification
Cet avis considère que la femme en menstrues ne récite pas le Coran jusqu’à la purification rituelle. Il rapproche souvent ce cas de l’état de junub, pour lequel l’interdiction de réciter apparaît plus ferme dans les sources contemporaines. Dar al-Iftaa écrit ainsi, le 18-12-2024, qu’il n’est pas permis au junub de lire le Coran, de mémoire ou à partir du mushaf. Beaucoup de juristes étendent ensuite ce principe à la menstruation.
Dans cette lecture, la prudence religieuse prime. La femme peut alors délaisser la récitation directe et maintenir le lien avec le Coran par l’écoute, le dhikr ou la consultation d’explications. Cet avis reste celui que l’on retrouve le plus souvent dans les manuels de fiqh simplifiés et dans l’enseignement courant. Pour aller plus loin, il faut voir sur quels points les avis permissifs se détachent de cette ligne majoritaire.
Les avis permissifs chez certains malikites, hanbalites et shafi‘ites
L’imam Mālik autorise la femme en période de règles à réciter le Coran. Un des deux avis de l’imam Aḥmad va dans le même sens, et un avis permissif est parfois cité dans l’école shafi‘ite. Cette permission repose sur deux idées fortes : l’absence de texte authentique interdisant explicitement la récitation, et la durée parfois longue des menstrues, qui peut nuire à l’apprentissage.
Des savants plus récents prolongent cette orientation. Ibn Taymiyya, Ibn al-Qayyim et des réponses reprises par Islamweb ou An-Nassiha autorisent la récitation, surtout de mémoire. Cheikh Ibn Bâz figure aussi parmi les noms cités dans ce courant. Ces positions ne nient pas la divergence, mais elles affirment qu’une permission argumentée existe dans le patrimoine juridique. Pour aller plus loin, il faut isoler le cas précis de la récitation par cœur.
La récitation par cœur est elle autorisée pendant les menstruations ?
Parmi les solutions pratiques les plus souvent citées, la récitation par cœur occupe une place centrale. Plusieurs sources rapportent que de nombreux savants la permettent pendant les règles, même lorsqu’ils restent plus réservés sur le contact avec le mushaf imprimé. Cette position apparaît chez Ibn al-Qayyim, dans des réponses relayées par Islamweb, Sajidine et 3ilmchar3i.
L’argument principal reste pédagogique. Une période de menstrues peut durer plusieurs jours et parfois davantage. Une interruption totale risquerait de fragiliser la mémorisation, surtout pour les étudiantes ou celles qui suivent un programme régulier. C’est précisément le sens de la citation d’Ibn al-Qayyim sur le risque d’oubli et sur l’impossibilité de rattraper facilement cette récitation. Pour aller plus loin, il faut encore distinguer récitation orale et lecture sur support matériel.
Cette solution répond aussi à des situations concrètes mentionnées dans les questions posées aux sites de fatwa. L’interrogation d’étudiantes reprise par 3ilmchar3i montre une gêne réelle en contexte scolaire : certaines lisaient malgré leurs règles par embarras à l’idée d’en parler au professeur. Dans cette configuration, la récitation par cœur apparaît souvent comme une voie médiane entre respect de l’avis suivi et continuité de l’apprentissage. Pour aller plus loin, il faut examiner le cas du mushaf imprimé.
Une femme peut-elle toucher le mushaf pendant ses règles ?
Sur ce point, l’avis majoritaire reste plus strict. Les sources citées indiquent généralement qu’une femme en période de règles ne touche pas directement un mushaf imprimé. Cette réserve vaut même chez certains savants qui autorisent par ailleurs la récitation de mémoire. En pratique, beaucoup distinguent donc clairement l’acte de réciter et l’acte de manipuler l’exemplaire papier.
Il existe néanmoins une position divergente. Cheikh Obayd Ibn Abdillah Al-Jabiri, dans une réponse reprise par An-Nassiha, soutient qu’il n’y a pas de problème si la femme indisposée lit depuis le mushaf et estime qu’il n’est pas obligatoire de placer une séparation. Cette position reste minoritaire au regard des synthèses consultées. Pour aller plus loin, il faut séparer le cas du papier de celui des appareils numériques.

La distinction entre mushaf imprimé et support numérique
Les fatwas récentes introduisent une distinction technique importante. Le texte affiché sur un smartphone ou un ordinateur n’est pas traité comme des lettres fixées sur un support imprimé. La fatwa Islamweb n°230431, publiée le 09-12-2013, indique qu’il n’y a pas de mal à toucher le Coran contenu dans les téléphones et les ordinateurs, car il s’agit de signaux numériques et non d’un mushaf matériel.
Cheikh al-Barrâk développe la même idée en affirmant que les téléphones portables et appareils comparables diffèrent de l’exemplaire imprimé du Coran. Cette distinction a une conséquence pratique directe : même des savants rigoureux sur le mushaf papier admettent plus facilement la consultation du texte coranique sur écran. Pour aller plus loin, il faut regarder les solutions retenues quand un besoin concret se présente.

Les solutions pratiques citées en cas de besoin
Quand la lecture depuis un support écrit devient nécessaire, plusieurs sources mentionnent des moyens matériels de précaution. 3ilmchar3i recommande par exemple d’utiliser des gants ou tout objet évitant le contact direct avec le Livre. Cette solution ne supprime pas la divergence de fond, mais elle permet à certaines étudiantes de suivre l’avis majoritaire tout en répondant à une contrainte de cours ou d’examen.
D’autres réponses conseillent simplement d’éviter le mushaf imprimé et de privilégier la récitation par cœur, l’écoute ou le support numérique. Cette orientation revient souvent dans les réponses modernes parce qu’elle réduit le désaccord pratique sans trancher artificiellement le débat théorique. Pour aller plus loin, il faut voir comment les fatwas contemporaines traitent spécifiquement le smartphone.
Les fatwas modernes autorisent elles la lecture sur smartphone pendant les règles ?
Les fatwas contemporaines traitent ce point de façon plus précise que les ouvrages anciens, pour une raison simple : le support numérique crée une situation nouvelle. Plusieurs réponses modernes autorisent la lecture du Coran sur téléphone ou ordinateur pendant les règles. La référence la plus souvent citée ici reste Islamweb fatwa n°230431, datée du 09 décembre 2013.
Le raisonnement repose sur la nature du support. L’écran affiche un contenu qui disparaît, change et n’a pas le statut d’un mushaf imprimé fixé sur papier. Cheikh al-Barrâk adopte cette distinction et autorise le contact avec ces appareils même en état d’impureté rituelle. Cette orientation a pris de l’ampleur avec la diffusion des applications coraniques et des supports de mémorisation numériques. Pour aller plus loin, il faut noter que cette permission ne supprime pas toute divergence.
Certains savants restent prudents et préfèrent ne pas généraliser. Les différences portent moins sur l’écran lui-même que sur la récitation pendant les règles en général. Autrement dit, le smartphone facilite une solution pratique, mais il ne met pas fin au débat de principe entre avis restrictif et avis permissif. Pour aller plus loin, il faut distinguer le texte arabe de sa traduction.
Peut on lire la traduction du coran pendant les règles ?
La traduction du Coran n’a pas exactement le même statut juridique que le texte arabe du mushaf. Dans beaucoup d’approches juridiques, une traduction constitue d’abord une explication du sens. Cette distinction conduit plusieurs savants à être plus souples pour sa consultation, surtout lorsqu’elle figure dans un livre mixte contenant traduction, commentaire ou notes. Le point reste toutefois moins détaillé dans les sources que la question du mushaf arabe lui-même.
Dans la pratique, la lecture d’une traduction sur support numérique pose encore moins de difficulté pour les partisans de la permission, puisqu’elle cumule deux éléments plus souples : le statut explicatif de la traduction et l’absence de mushaf imprimé au sens strict. Cela explique pourquoi de nombreuses personnes en période de règles poursuivent leur étude par la lecture du sens, de tafsirs ou d’applications annotées. Pour aller plus loin, il reste à traiter le cas concret des examens.
Que faire lors d’un examen de coran si on a ses règles ?
Les questions d’examen apparaissent régulièrement dans les réponses pratiques. L’exemple repris par 3ilmchar3i évoque des étudiantes contraintes de lire en cours alors qu’elles sont indisposées et n’osent pas l’indiquer au professeur. Cette situation montre que la question ne relève pas seulement de la théorie juridique. Elle concerne aussi la discrétion, l’organisation pédagogique et la gestion d’un imprévu.
Les solutions citées dans les sources sont assez stables. La première consiste à réciter par cœur. La deuxième consiste à utiliser un support numérique si l’établissement l’accepte. La troisième, pour celles qui suivent l’avis interdisant le contact direct avec le mushaf, consiste à employer des gants ou une barrière matérielle. Ces réponses reviennent chez 3ilmchar3i, Islamweb et dans plusieurs synthèses dérivées. Pour aller plus loin, il faut aussi distinguer l’examen de mémorisation de la lecture visuelle.
Quand l’épreuve porte surtout sur la récitation mémorisée, l’avis permissif sur la récitation par cœur répond à une grande partie du problème. Quand l’épreuve exige la lecture depuis un support écrit, la solution numérique ou la séparation matérielle devient plus pertinente. Les données disponibles montrent donc qu’une marge d’adaptation existe, même sans accord total entre les savants. Pour aller plus loin, il reste utile d’éviter certaines confusions fréquentes.
Les sources disponibles ne permettent pas d’affirmer une réponse unique valable dans toutes les écoles. Elles montrent plutôt une hiérarchie pratique : débat sur la récitation en général, plus grande souplesse pour la récitation par cœur et le numérique, et plus grande réserve pour le mushaf imprimé.
Pour une application cohérente, il ressort qu’il faut distinguer avis suivi, type de support et contexte réel, notamment l’étude, le Ramadan ou l’examen. Cette méthode évite les confusions fréquentes et permet de comprendre pourquoi la divergence persiste encore aujourd’hui.






