Le Coran ne cite pas le nom Palestine comme appellation géographique explicite. Il mentionne toutefois Jérusalem à travers la Mosquée Al-Aqsa, ainsi que la « terre sainte » et la « terre bénie », que de nombreux exégètes associent à la Palestine historique. Ces références religieuses ne fournissent pas, à elles seules, une définition moderne de la souveraineté ou des frontières politiques.
La réponse varie selon le passage étudié et la méthode d’interprétation retenue. Les principaux éléments concernent Al-Isra 17:1, les versets 5:20-21 sur la terre sainte, les rappels adressés aux Bani Israël et les lectures classiques des commentateurs musulmans. L’analyse distingue donc le texte coranique, l’exégèse et les positions politiques contemporaines.
- 💡 Nom absent Le terme Palestine n’apparaît pas comme nom géographique dans le texte coranique.
- 💡 Lieu mentionné Al-Aqsa apparaît dans 17:1, avec la bénédiction de ses alentours.
- 💡 Terre sainte Les versets 5:20-21 rapportent l’ordre donné à Mûsâ et aux Enfants d’Israël.
- 💡 Portée juridique Aucun verset cité ne trace une frontière politique contemporaine.
Que dit le coran exactement sur la palestine ?
Le Coran mentionne-t-il explicitement la Palestine ?
Le mot « Palestine » ne figure pas explicitement dans le Coran. Cette observation lexicale est notamment relevée par Mon-Coran, qui rappelle que l’appellation géopolitique moderne ne correspond pas au vocabulaire de l’époque de la révélation. Le texte utilise plutôt des désignations comme Al-Masjid Al-Aqsa, la terre sainte et la terre dont les alentours ont été bénis.
La région reste associée à plusieurs figures coraniques, notamment Ibrahim, Ishaq, Yaqub, Mûsâ, Dawud et Sulayman. Cette association relève du récit religieux et historique, mais elle ne transforme pas automatiquement ces passages en acte de propriété territoriale. Pour aller plus loin, la comparaison entre le vocabulaire coranique et les cartes politiques modernes permet d’éviter les anachronismes.
Pourquoi les exégètes relient-ils certains versets à la Palestine historique ?
Les exégètes relient souvent les expressions « terre bénie » et « terre sainte » à l’espace levantin, qui inclut généralement la Palestine historique. Le raisonnement s’appuie sur les récits concernant les prophètes, sur Jérusalem et sur la localisation traditionnelle de Bayt al-Maqdis, nom islamique ancien de la ville sainte. Les sources ne proposent cependant pas toutes une délimitation identique.
Cette identification repose donc sur un ensemble d’indices textuels, historiques et interprétatifs. MuslimPro, dans une page mise à jour le 28 septembre 2025, cite notamment Ibn Asyur pour expliquer la portée morale des rappels adressés aux Bani Israël. Il ressort que le lien avec la Palestine est fortement présent dans l’exégèse, même si le nom moderne n’apparaît pas dans le texte.
Les versets qui évoquent la terre bénie et la mosquée al-aqsa

Sourate Al-Isra 17:1 et l’identification de Jérusalem

La sourate Al-Isra, au verset 1, décrit le voyage nocturne de Muhammad depuis la Mosquée sacrée jusqu’à la Mosquée Al-Aqsa, dont Dieu a béni les alentours. Dans la tradition musulmane, Al-Aqsa désigne le sanctuaire de Jérusalem. Ce verset constitue la référence coranique la plus directe à un lieu situé dans la Palestine historique.
Le verset insiste sur le voyage nocturne et sur la bénédiction entourant le sanctuaire. Il ne décrit ni une administration politique, ni une frontière, ni un régime de propriété. La notion de bénédiction possède ici une portée religieuse et symbolique, que les commentaires classiques mettent en relation avec la présence de nombreux prophètes dans la région.
La « terre sainte » dans le passage de Mûsâ en 5:20-21
Dans la sourate 5, versets 20 et 21, Mûsâ rappelle aux Enfants d’Israël les bienfaits reçus et leur demande d’entrer dans la terre sainte qu’Allah leur aurait prescrite. Le passage rapporte aussi leur refus et leur crainte de combattre les habitants déjà présents. Les commentaires identifient généralement cette terre à une partie du Levant.
Le texte s’inscrit dans un récit précis, celui du peuple conduit par Mûsâ après Pharaon. Il ne formule pas directement une règle générale applicable à toutes les périodes historiques. Certaines fatwas contemporaines, comme celle d’IslamWeb n°88185 du 5 février 2018, donnent cependant à ce passage une portée normative actuelle, tandis que d’autres lectures le replacent dans son contexte narratif.
Quels versets relient les bani israel à cette terre ?
Les passages sur les Enfants d’Israël dans 2:40, 17:5 et 17:104
Le verset 2:40 rappelle aux Enfants d’Israël les bienfaits reçus et leur demande de respecter l’alliance conclue avec Dieu. Le verset 17:5 annonce deux épisodes de désordre et d’arrogance dans le pays. Le verset 17:104 indique ensuite : « Restez sur la terre », avant d’évoquer un rassemblement au moment de la promesse de l’au-delà.
Ces passages associent les Bani Israël à une histoire religieuse et territoriale, mais ils leur adressent surtout des rappels moraux. Le Coran relie la faveur divine à la fidélité, à la justice et au respect de l’alliance. La lecture de 17:104 comme garantie politique permanente dépasse donc le contenu explicite du verset et dépend d’une interprétation théologique particulière.
Distinction coranique entre Bani Israël, Yahud et Ahl al-Kitab
Le terme Bani Israël désigne les descendants de Yaqub, appelé Israël dans le récit coranique. « Yahud » désigne les Juifs dans certains passages, tandis que « Ahl al-Kitab » signifie les gens du Livre, une catégorie plus large qui inclut notamment les Juifs et les chrétiens. Ces termes ne sont pas toujours interchangeables.
Ibn Asyur, cité par MuslimPro, comprend l’expression Bani Israël comme un rappel des bienfaits accordés aux ancêtres et comme un appel à respecter l’alliance. Cette distinction empêche d’attribuer automatiquement à tous les Juifs contemporains les jugements visant un groupe ou une génération donnée. Pour aller plus loin, l’étude du contexte de chaque verset reste nécessaire.
Comment les savants expliquent-ils les versets sur la terre bénie ?
Lectures classiques des mufassirun sur la terre sainte
Les mufassirun, c’est-à-dire les spécialistes de l’exégèse coranique, rapprochent habituellement la terre sainte de la région située autour de Jérusalem et du Bilad al-Sham. Cette lecture s’appuie sur les récits de Mûsâ, Dawud, Sulayman et d’autres prophètes. Elle s’inscrit dans une géographie religieuse plus large que les frontières actuelles de la Palestine.
Les commentateurs ne décrivent toutefois pas tous exactement la même étendue. Certains limitent la terre sainte à Jérusalem et ses environs, tandis que d’autres l’intègrent dans une région plus vaste du Levant. Ces variations montrent que l’identification religieuse du lieu ne suffit pas à produire une carte précise ou un statut politique uniforme.
Ce que ces versets disent sur la bénédiction du lieu, et ce qu’ils ne disent pas
Les versets étudiés présentent cette région comme un espace lié à la révélation, aux prophètes et à la bénédiction divine. La sourate 21, verset 71, évoque également une terre bénie pour les mondes, tandis que 17:1 associe explicitement la bénédiction aux alentours d’Al-Aqsa. Ces références fondent une importance religieuse durable.
Elles ne décrivent pas les frontières d’un État moderne ni les règles détaillées d’une administration territoriale. L’Académie Internationale du Fiqh Islamique, dans sa résolution n°125 adoptée du 22 au 27 décembre 2001, adopte une position institutionnelle sur Jérusalem et l’occupation. Cette déclaration relève du droit et de la politique contemporaine, non d’une simple citation isolée du Coran.
Le coran garantit-il la possession permanente de la terre à un peuple ?
Le Coran rapporte que Dieu a accordé des bienfaits aux Enfants d’Israël et qu’il leur a été demandé d’entrer dans la terre sainte. Il rapporte aussi leurs désobéissances, les conséquences annoncées et la possibilité d’un rassemblement ultérieur. La lecture d’une possession permanente et inconditionnelle ne ressort donc pas de manière unanime des versets cités.
IslamWeb, dans la fatwa n°88185, défend une interprétation normative selon laquelle la Palestine serait une terre d’islam et de prophétie destinée aux musulmans. Cette position affirme que les Juifs qui ne reconnaissent pas les prophètes de l’islam ne possèdent pas de droit politique sur la région. D’autres sources décrivent plutôt les références coraniques sans en déduire une règle contemporaine d’exclusion.
Le verset 21:106 affirme que les serviteurs justes hériteront de la terre, mais il ne désigne pas explicitement un peuple contemporain ni une frontière donnée. Le critère mis en avant est celui de la justice, ce qui ouvre une lecture morale et eschatologique. Les interprétations qui en tirent une exclusivité territoriale doivent donc être présentées comme des positions doctrinales, et non comme une formulation littérale incontestée.
Limites du texte coranique pour définir une frontière politique
Le Coran fournit des repères religieux, des récits historiques et des références à des lieux saints. Il ne définit pas les frontières de la Palestine actuelle, créée par des évolutions historiques, administratives et diplomatiques postérieures à la révélation. La distinction entre
Les débats contemporains mobilisent souvent des sources extérieures au Coran. La charte du Hamas de 1988 présente la cause palestinienne comme une cause islamique, tandis que son document de 2017 affirme que la Palestine est une terre dont le statut a été élevé par l’islam. Ces formulations appartiennent à des programmes politiques et ne constituent pas des versets coraniques.
La prudence vaut également pour les déclarations institutionnelles. L’IIFA a déclaré Jérusalem ville arabe dans sa résolution de 2001 et a dénoncé l’occupation ainsi que les profanations. Les tensions autour d’Al-Aqsa, notamment le 7 mai 2021, montrent comment un lieu religieux devient aussi un enjeu politique. Pour approfondir, il faut comparer le texte arabe, les traductions, les tafsirs et les documents juridiques contemporains.
Le Coran ne nomme pas directement la Palestine, mais il mentionne Al-Aqsa et une terre sainte ou bénie que l’exégèse associe largement à Jérusalem et au Levant. Les textes relient aussi cette région aux récits des prophètes et aux Enfants d’Israël, sans fixer une frontière politique moderne ni établir unanimement une possession permanente. La lecture la plus rigoureuse consiste à séparer le contenu du verset, l’interprétation des savants et les usages politiques ultérieurs.






