Que dit le Coran sur le voile

Le Coran mentionne le voile à travers plusieurs termes et passages, principalement les sourates 24 et 33. La sourate 24, verset 31, demande aux croyantes de rabattre leur khimar sur leur poitrine, tandis que la sourate 33, verset 59, évoque le jilbab, un vêtement extérieur. Ces versets fondent des lectures différentes selon la traduction, la langue arabe et les commentaires religieux.

Le texte coranique ne décrit pas une tenue unique avec une forme, une couleur ou une longueur précises. L’interprétation dépend du sens donné à des mots comme khimar, jilbab et hidjab, mais aussi du recours aux hadiths et aux tafsirs. Les sections suivantes distinguent les versets, le vocabulaire arabe, les arguments opposés et le contexte historique pour aller plus loin.


Que dit le Coran sur le voile : la réponse courte
3 termes
Le Coran utilise surtout le khimar, le jilbab et le hidjab, mais ces mots ne désignent pas exactement le même vêtement.

Point de méthode : les versets cités sont peu nombreux et leur portée varie selon les traductions et les commentaires.
À retenir
  • 💡 Verset central La sourate 24, verset 31, demande de rabattre le khimar sur les poitrines.
  • 💡 Vêtement extérieur La sourate 33, verset 59, cite le jilbab pour les épouses, les filles du Prophète et les croyantes.
  • 💡 Sens du hidjab Le terme signifie un écran ou une séparation dans la sourate 33, verset 53.
  • 💡 Débat d’interprétation Les sources classiques déduisent une couverture des cheveux, tandis que d’autres analyses limitent le texte à la poitrine et à la tenue extérieure.

Que dit le Coran sur le voile et quels versets le mentionnent ?

Le passage le plus souvent cité figure dans la sourate 24, verset 31, appelée An-Nour. Il demande aux croyantes de baisser leurs regards, de préserver leur chasteté et de ne montrer que leurs atours apparents, puis de rabattre leur khimar sur leurs poitrines. Le verset énumère également plusieurs proches devant lesquels certains atours peuvent être montrés.

La sourate 33, verset 59, demande ensuite aux femmes croyantes de ramener sur elles leurs jilbab. Le texte associe cette consigne au fait d’être reconnues et de ne pas être offensées. Ces deux passages constituent les références principales concernant la tenue féminine. Pour approfondir la formulation exacte, il faut toutefois examiner les termes arabes employés.

Que dit la sourate 24, verset 31, sur le khimar et la poitrine ?

La sourate 24, verset 31, emploie le pluriel khumur, généralement traduit par voiles ou foulards. Elle ordonne de les rabattre sur les djouyoub, terme souvent rendu par poitrines, échancrures ou cols. Le texte vise donc explicitement la couverture de cette zone du vêtement.

Le verset ne décrit pas directement la chevelure dans la traduction française citée. Les commentateurs classiques considèrent cependant que le khimar désignait déjà un couvre-chef et que l’ordre consistait à prolonger ce tissu vers la poitrine. Cette déduction linguistique explique une partie de la position traditionnelle, sans supprimer les débats sur la portée juridique du passage.

Que dit la sourate 33, verset 59, sur le jilbab ?

La sourate 33, verset 59, utilise le terme jilbab, souvent traduit par robe ample, manteau ou vêtement extérieur. Le verset s’adresse aux épouses et aux filles du Prophète, ainsi qu’aux femmes des croyants. Il leur demande de serrer ou de ramener ce vêtement sur elles.

Le texte relie cette pratique à une fonction sociale précise, celle d’être reconnues et de ne pas être importunées. Les exégètes divergent toutefois sur la coupe exacte du jilbab au VIIe siècle. Les traductions ne permettent pas à elles seules de déterminer s’il couvrait nécessairement les cheveux, le visage ou seulement le corps.

Que signifient les références au hidjab dans la sourate 33, versets 53 et 55 ?

Dans la sourate 33, verset 53, le mot hidjab apparaît dans une consigne adressée aux visiteurs des appartements du Prophète. Le texte demande de parler aux membres de sa famille derrière un rideau ou un écran. La racine arabe ḥ-j-b renvoie notamment à l’idée de cacher ou de séparer.

Ce passage ne décrit donc pas directement un foulard porté sur la tête. La sourate 33, verset 55, énumère pour sa part plusieurs proches des épouses du Prophète, devant lesquels elles ne sont pas soumises à la même séparation. Cette différence de contexte explique pourquoi les chercheurs distinguent le hidjab comme séparation et le khimar comme élément vestimentaire.

Que prévoit la sourate 24, verset 60, pour les femmes âgées ?

La sourate 24, verset 60, vise les femmes ayant atteint la ménopause et n’espérant plus se marier. Elle leur permet de retirer certains vêtements d’extérieur, à condition de ne pas exhiber leurs atours. Le verset ajoute que la retenue reste préférable.

Des commentateurs comme Al-Qortobi, mort en 671 de l’Hégire, et Cheikh Otheimine ont lu ce passage comme une exception limitée. Selon l’interprétation rapportée, la femme âgée peut laisser apparaître certaines parties comme la tête, le visage, les mains, les pieds ou le bas des jambes. Cette règle confirme que les textes distinguent vêtement extérieur, parure et obligation de pudeur.

Les versets 24:31, 24:60 et 33:59 ne décrivent donc pas une seule pièce de tissu. Pour aller plus loin, la comparaison des mots arabes permet de mieux comprendre les conclusions opposées.

Que signifient khimar, jilbab et hidjab dans les textes coraniques ?

Les traductions françaises regroupent parfois sous le mot voile des réalités distinctes. Le khimar correspond généralement à un tissu ou à un couvre-chef, le jilbab à un vêtement extérieur, tandis que le hidjab désigne littéralement un obstacle ou une séparation dans le verset 33:53.

La difficulté vient aussi du fait que les vêtements du VIIe siècle ne possèdent pas de définition technique conservée sous une forme unique. Les lexiques, les hadiths et les tafsirs apportent des précisions, mais leurs usages ne produisent pas toujours une description identique. Une traduction doit donc être lue avec son contexte.

Le khimar désigne-t-il un voile couvrant les cheveux ou la poitrine ?

que dit le coran sur le voile

Dans la langue et les commentaires classiques, le khimar désigne souvent un voile porté sur la tête. La sourate 24, verset 31, demande de le rabattre sur le jayb ou les poitrines, ce qui implique pour ces commentateurs que la tête était déjà couverte.

D’autres analyses se concentrent sur le contenu explicite du verset. Elles soulignent que le Coran nomme la poitrine, le col ou l’échancrure, mais ne mentionne pas directement les cheveux. Cette lecture considère que l’ordre textuel porte d’abord sur la manière de couvrir le décolleté, même si elle ne correspond pas à l’interprétation majoritaire des écoles classiques.

Le jilbab désigne-t-il une robe, un manteau ou un voile extérieur ?

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Le jilbab apparaît dans la sourate 33, verset 59, sous la forme plurielle djilabib. Les traductions le rendent par robe longue, manteau ou grande pièce de tissu. Les commentaires le décrivent généralement comme un vêtement ample placé au-dessus des vêtements ordinaires.

Les descriptions contemporaines associent parfois le jilbab à une tenue couvrant le corps de la tête aux pieds. Cette définition relève toutefois d’un usage religieux et social plus précis que le seul mot coranique. Le passage ne fixe ni la couleur, ni la matière, ni une coupe uniforme, ce qui laisse place à des pratiques régionales différentes.

Pourquoi le hidjab coranique est-il aussi traduit par « rideau » ou « séparation » ?

Le mot hidjab provient de la racine ḥ-j-b, associée à l’action de cacher, d’empêcher de voir ou de séparer. Dans la sourate 33, verset 53, il désigne un écran entre les visiteurs et les épouses du Prophète. Le contexte matériel explique les traductions par rideau, cloison ou séparation.

Le sens moderne de hidjab comme foulard couvrant la tête s’est ensuite imposé dans de nombreux usages religieux et médiatiques. Cette évolution sémantique ne signifie pas que les deux sens soient identiques dans chaque verset. Les catégories vestimentaires utilisées aujourd’hui comprennent aussi le khimar, le jilbab, le chador et la burqa, qui couvrent des parties différentes du corps.

Quatre formes vestimentaires souvent distinguées
🧕

Hidjab moderne
Foulard laissant généralement le visage apparent

Tête couverte

🧣

Khimar
Voile décrit comme rabattable sur la poitrine

Poitrine couverte

🧥

Jilbab
Robe ou manteau porté au-dessus des habits

Vêtement extérieur

🚪

Hidjab coranique
Écran séparant les personnes dans 33:53

Rideau ou séparation

Le vocabulaire ne suffit donc pas à trancher seul la question juridique. Pour aller plus loin, il faut comparer les arguments qui concluent à une obligation des cheveux avec ceux qui limitent la prescription au vêtement et à la poitrine.

Le Coran impose-t-il aux femmes de couvrir leurs cheveux ?

La réponse dépend de la méthode retenue. La position classique considère que la sourate 24, verset 31, présuppose le port du khimar sur la tête, puis ordonne de le rabattre sur la poitrine. La sourate 33, verset 59, complète cette règle avec le jilbab, interprété comme une tenue extérieure couvrant largement le corps.

Des autorités religieuses ont déduit de ces passages des conditions pratiques. Elles recommandent généralement des vêtements amples, opaques, discrets et couvrant l’awra, notion désignant les parties du corps à couvrir selon les écoles juridiques. Cette position s’appuie aussi sur la Sunna et sur la continuité des commentaires classiques.

Quels arguments coraniques sont avancés en faveur de l’obligation du voile ?

Le premier argument repose sur le sens courant du khimar dans les dictionnaires et les tafsirs anciens. Si le mot désigne un couvre-chef, l’ordre de le rabattre sur la poitrine suppose que la tête se trouve déjà sous le tissu. Le verset 24:31 est alors lu comme une prescription de pudeur comprenant les cheveux.

Le second argument associe ce passage au jilbab de 33:59. Les commentateurs y voient un vêtement ample qui descend depuis la tête et couvre le corps. Un hadith rapporté par Boukhari, dans le Sahih n°4758, indique qu’après la révélation du verset sur le khimar, des femmes utilisèrent des morceaux de leurs robes comme khimar. Les partisans de l’obligation y voient un témoignage ancien sur la pratique attendue.

Quels arguments soutiennent que le Coran ne prescrit pas explicitement de couvrir les cheveux ?

Les analyses opposées soulignent que le Coran ne nomme pas explicitement les cheveux ou la tête dans la sourate 24, verset 31. Elles insistent sur les mots djouyoub ou jayb, compris comme poitrine, col ou échancrure. Selon cette lecture, l’instruction vise clairement le décolleté, mais ne permet pas d’établir seule une obligation générale du foulard.

Ces analyses distinguent aussi le hidjab de 33:53, qui désigne un rideau, et le jilbab de 33:59, qui désigne un vêtement extérieur. Elles considèrent que les règles détaillées sur les cheveux, le visage, les mains ou la forme de la tenue proviennent surtout des hadiths et de l’exégèse. La divergence porte donc sur le rapport entre le texte coranique, la tradition et le droit religieux.

Les textes permettent ainsi d’identifier des règles de modestie et des vêtements précis, mais leur traduction en obligation uniforme reste discutée. Pour aller plus loin, la distinction entre prescription coranique et interprétation juridique constitue le point central.

Les hadiths et les commentaires classiques précisent-ils la nature et l’étendue du voile ?

Les hadiths et les tafsirs jouent un rôle majeur dans la définition traditionnelle du voile. Le récit rapporté par Boukhari n°4758 associe la révélation du verset sur le khimar à une pratique vestimentaire immédiate attribuée aux premières femmes musulmanes. Les juristes utilisent ce type de narration pour préciser la manière d’appliquer un verset concis.

Les commentaires classiques ne proposent cependant pas tous une description identique. Certains couvrent les cheveux, le cou et la poitrine, tandis que d’autres discutent le visage et les mains. Les règles retenues par de nombreux savants concernent surtout une tenue large et opaque, non transparente, qui ne met pas en évidence les formes et respecte la notion d’awra.

La sourate 24, verset 60, fournit également un cas particulier. Des exégètes comme Al-Qortobi autorisent aux femmes âgées qui n’espèrent plus se marier de retirer certains vêtements extérieurs, tout en maintenant la discrétion. Cette exception montre que les juristes ont construit des catégories selon l’âge, la situation et la nature des vêtements.

Les hadiths, les circonstances de révélation et les commentaires apportent donc une architecture juridique plus détaillée que le texte coranique seul. Cette méthode explique pourquoi une obligation largement admise dans les écoles classiques peut être contestée par des lectures qui limitent l’analyse aux termes et aux versets explicites.

Pourquoi les interprétations des versets coraniques sur le voile divergent-elles ?

La première cause de divergence tient à la polysémie des mots arabes. Khimar, jilbab, jayb et hidjab ont des usages linguistiques et historiques qui ne se recouvrent pas complètement. Les traductions françaises choisissent parfois voile pour plusieurs mots, ce qui peut donner l’impression que le Coran parle toujours du même objet.

La deuxième cause concerne la méthode d’interprétation. Une lecture traditionnelle rapproche les versets, les hadiths et les décisions des juristes. Une lecture textuelle privilégie le contenu directement formulé et relève que la chevelure n’est pas nommée dans 24:31. Les deux approches ne sélectionnent donc pas les mêmes preuves ni le même niveau d’autorité.

Le contexte historique intervient également. Le voile existait avant l’islam dans plusieurs sociétés du bassin méditerranéen. Après l’Hégire vers 622, les pratiques vestimentaires ont aussi pu servir à distinguer les membres de la communauté et à répondre à des situations de harcèlement dans l’espace public. Des chercheurs discutent toutefois la portée exacte de ces circonstances.

Enfin, les pratiques varient selon les régions, les écoles, les coutumes et les périodes. Le chador, le khimar, le jilbab, la burqa et le foulard laissant le visage apparent ne couvrent pas les mêmes parties du corps. Cette diversité montre qu’une règle religieuse peut recevoir des formes sociales multiples, sans que chaque forme possède automatiquement la même justification coranique.

Erreurs et pièges à éviter
  1. 1Confondre hidjab et khimar. Cette confusion attribue au mot hidjab le sens vestimentaire qu’il n’a pas dans 33:53.
  2. 2Présenter une traduction comme une preuve unique. Les choix entre poitrine, col et échancrure peuvent modifier la compréhension de 24:31.
  3. 3Ignorer le rôle des hadiths. Une analyse limitée au Coran ne décrit pas toutes les règles vestimentaires du droit classique.
  4. 4Confondre règle religieuse et forme locale. Un foulard, un chador et une burqa ne correspondent pas à une même couverture.
📖
Le bilan des textes
Versets, vocabulaire et interprétations
3
Termes principaux
2
Sourates centrales

Le Coran aborde la pudeur à travers le khimar, le jilbab et le hidjab. La couverture des cheveux résulte d’une lecture classique qui associe le vocabulaire, les hadiths et les commentaires, tandis que d’autres analyses s’en tiennent aux prescriptions explicitement formulées.

Pour lire ces passages avec précision, séparez toujours le sens du mot arabe, le contenu du verset et la règle déduite par les juristes.

📜 Versets 24:31 et 33:59🧭 Termes distincts⚖️ Débat exégétique

Les versets coraniques mentionnent le khimar sur la poitrine, le jilbab comme vêtement extérieur et le hidjab comme séparation dans un contexte précis. La tradition classique en déduit généralement la couverture des cheveux, alors que des lectures contemporaines estiment que le Coran ne l’énonce pas explicitement. La réponse dépend donc de la place accordée à la langue, aux hadiths et à l’exégèse.

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