Ce que dit le Coran sur les juifs

Le Coran parle des juifs de façon non uniforme. Le texte mentionne à plusieurs reprises les Enfants d’Israël, rappelle des bienfaits reçus, confirme l’origine divine de la Torah, puis critique certains groupes pour des actes précis comme la rupture de l’alliance, la désobéissance ou l’altération du message. Des versets souvent cités, comme 2:47, 5:13 ou 9:29, montrent cette double dimension.

La lecture dépend de plusieurs facteurs, notamment le terme arabe employé, le contexte historique de révélation et le tafsir, c’est-à-dire le commentaire exégétique. Les données disponibles dans des sources comme Comprendrelislam.fr, Mon-coran.com, Le Figaro du 25 avril 2018 ou Le Monde diplomatique de juillet 1969 convergent sur un point : le Coran distingue des épisodes, des groupes et des comportements. Les sections suivantes détaillent ces nuances, pour aller plus loin.


Ce que dit le Coran sur les juifs : la réponse courte
2 axes
C’est une présentation à la fois historique et critique, avec des versets favorables sur les Enfants d’Israël et d’autres qui visent certains manquements.

Point de contexte : les références les plus citées incluent 2:47, 5:13, 5:21, 44:30-33 et 9:29
À retenir
  • 💡 Le Coran ne parle pas d’un bloc homogène plusieurs passages distinguent des groupes, des époques et des actes
  • 💡 Trois termes comptent banû Isrâ’îl, al-yahûd et Ahl al-Kitâb n’ont pas exactement le même usage
  • 💡 Des versets sont positifs ils rappellent la délivrance d’Égypte, la Torah et certains privilèges accordés
  • 💡 D’autres versets critiquent des comportements précis rupture d’engagement, transgression ou falsification selon les commentaires

Que dit le Coran exactement sur les juifs ?

Le Coran évoque les juifs à travers plusieurs registres. Il reprend d’abord de grands récits bibliques, comme l’Exode, le don de la Torah, le désert, David, Salomon ou Jonas. Les données réunies par Comprendrelislam.fr, dans un article de Meir Bar-Asher publié le 8/06/21, montrent que ces récits occupent une place importante dans la trame coranique.

Le texte coranique rappelle aussi des bienfaits accordés aux Enfants d’Israël. Les versets 2:47, 2:122 et 44:30-33 parlent d’élection, de délivrance hors d’Égypte et de signes donnés comme épreuve. Dans le même mouvement, d’autres passages critiquent certains membres de ce groupe pour l’ingratitude, la désobéissance ou la rupture de l’alliance, notamment 5:13 et 2:61.

Cette alternance explique pourquoi une lecture isolée d’un seul verset produit souvent une vision incomplète. Plusieurs sources soulignent que le Coran présente l’islam comme une continuité du monothéisme biblique, tout en affirmant un message final et universel. Ce cadre théologique crée à la fois une proximité et une controverse. Pour aller plus loin, il faut distinguer les termes employés dans le texte.

Quels termes le Coran emploie-t-il pour parler des juifs ?

Le Coran n’utilise pas un seul mot pour désigner les juifs. Cette donnée linguistique change directement l’interprétation. Les sources citées distinguent surtout trois expressions : banû Isrâ’îl, al-yahûd et Ahl al-Kitâb. Chacune renvoie à un cadre historique ou théologique différent.

Cette distinction ressort à la fois de la philologie, c’est-à-dire l’étude des mots, et des commentaires religieux. Le débat ne porte donc pas seulement sur le contenu des versets, mais aussi sur le sens exact des désignations. Pour aller plus loin, il faut examiner chaque terme séparément.

Banû Isrâ’îl : les Enfants d’Israël dans les récits coraniques

Le terme banû Isrâ’îl signifie littéralement les Enfants d’Israël. Il renvoie d’abord aux descendants d’Israël dans le cadre biblique, surtout autour de Moïse, de l’Égypte et de la Terre sainte. Les récits associés incluent la servitude en Égypte, l’ouverture d’un chemin hors de l’oppression, la manne, les cailles et l’eau jaillie du rocher.

Dans plusieurs passages, ce terme porte un contenu favorable. Les versets 2:47 et 2:122 rappellent une faveur accordée, tandis que 5:21 mentionne la Terre sainte. Le Figaro, dans un article de Jean-Marie Guénois publié le 25 avril 2018, cite aussi 44:30-33 pour illustrer cette valorisation. Pour aller plus loin, il faut noter que le même groupe peut ensuite faire l’objet de reproches dans d’autres passages.

que dit le coran sur les juifs

Al-yahûd : quand le Coran parle explicitement des juifs

Le terme al-yahûd correspond plus directement à les juifs. Selon l’analyse relayée par Comprendrelislam.fr, ce mot vise surtout les juifs de l’époque postbiblique, et souvent ceux connus du milieu de la prédication de Muhammad. Dans plusieurs occurrences relevées par cette source, le contexte est polémique ou critique.

Cette observation ne signifie pas que chaque mention d’al-yahûd se réduit à une condamnation générale. Elle indique plutôt que ce mot apparaît fréquemment dans des versets de controverse religieuse. Des passages comme 9:30 ou 5:64, cités par Islamweb.net dans un article du 18/10/2009, illustrent ce registre. Pour aller plus loin, il faut comparer ce terme avec le statut plus large de gens du Livre.

Ahl al-Kitâb : le statut de « gens du Livre »

Ahl al-Kitâb signifie les gens du Livre. Le Coran emploie cette catégorie pour désigner principalement juifs et chrétiens comme communautés liées à une révélation écrite antérieure. Cette qualification les distingue des polythéistes sur le plan théologique et juridique.

Les données issues de Mon-coran.com et de Comprendrelislam.fr indiquent que ce statut reconnaît l’origine divine de la révélation donnée à Moïse. Dans cette logique, le Coran affirme la validité originelle du judaïsme lorsque la Torah est suivie comme révélation divine, tout en appelant ensuite à reconnaître le message coranique comme forme finale. Pour aller plus loin, il faut regarder les passages qui présentent les juifs sous un angle positif.

Quels passages du Coran évoquent les juifs de manière positive ?

Les versets positifs existent et occupent une place réelle dans le Coran. Ils concernent surtout les Enfants d’Israël, la délivrance hors d’Égypte, la révélation de la Torah et certains privilèges accordés. Le corpus cité dans les sources fournit plusieurs références nettes, dont 2:47, 2:122, 5:21 et 44:30-33.

Ces passages ne suppriment pas les critiques adressées ailleurs. Ils montrent toutefois que le texte coranique n’efface ni le rôle de Moïse ni la valeur initiale de la révélation mosaïque. Pour aller plus loin, il faut distinguer les bienfaits rappelés et la place donnée à la Torah.

Les bienfaits accordés aux Enfants d’Israël

Plusieurs passages rappellent des dons accordés aux Enfants d’Israël. Le Coran évoque leur sauvetage face à Pharaon, puis des secours concrets durant la traversée du désert. Les sources mentionnent la colonne de nuée, la manne, les cailles et l’eau jaillie du rocher comme éléments repris du récit biblique et utilisés dans un cadre coranique.

Le verset 44:30-33, cité dans la presse française en 2018, résume ce registre en rappelant la délivrance, le choix parmi les peuples et les miracles donnés comme épreuve. Cette mémoire positive sert aussi de leçon morale pour les musulmans, d’après Mon-coran.com. Pour aller plus loin, il faut observer la place spécifique de Moïse et de la Torah.

La Torah, Moïse et l’élection d’Israël dans certains versets

Le Coran confirme l’importance de Moïse et de la Torah. Il ressort des sources utilisées que l’islam se présente comme un prolongement du monothéisme déjà révélé, non comme une rupture totale avec lui. Cette continuité explique la fréquence des personnages bibliques dans le texte coranique.

Les versets 2:47 et 2:122 mentionnent une faveur divine accordée aux Enfants d’Israël. Le verset 5:21 rattache aussi cette histoire à la Terre sainte. Cette reconnaissance historique et théologique constitue un point central pour comprendre l’ambivalence du corpus. Pour aller plus loin, il faut examiner les passages de reproche et leurs limites.

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Quels versets critiquent certains juifs dans le Coran ?

Le Coran contient plusieurs passages critiques. Les références les plus souvent mobilisées dans les sources fournies sont 5:13, 2:61, 2:79, 3:181, 5:64 et 5:78-79. Ces versets portent sur des actes présentés comme fautifs, non sur une simple appartenance ethnique prise isolément.

Les commentaires doctrinaux accentuent souvent la portée de ces reproches. Le cas d’Islamweb.net est net : l’article du 18/10/2009 propose une lecture accusatrice et cumulative. Cette source éclaire un courant interprétatif, mais elle ne remplace pas une lecture directe du texte et des grands tafsirs. Pour aller plus loin, il faut distinguer les griefs formulés et la manière dont ils sont ciblés.

Rupture de l’alliance, désobéissance et altération du message

Le verset 5:13 associe la critique à la violation de l’engagement et à la déformation du sens des paroles révélées. Le verset 2:79 vise ceux qui écrivent un texte de leurs mains puis le présentent comme venant de Dieu pour un profit. D’autres références, comme 3:181 ou 5:64, rapportent des paroles jugées blasphématoires.

Le verset 2:61 évoque aussi le meurtre de prophètes, tandis que 5:78-79 relie la malédiction à la désobéissance et à la transgression. Dans ces passages, le lexique moral domine : injustice, oubli, altération, refus. Pour aller plus loin, il faut vérifier si le texte vise un peuple entier ou des comportements attribués à certains groupes.

Pourquoi le Coran vise des comportements précis plutôt qu’un peuple de façon uniforme

Une lecture contextuelle montre que le Coran ne maintient pas une seule qualification stable pour tous les juifs. Certains versets louent les bienfaits reçus par les Enfants d’Israël, alors que d’autres dénoncent des fautes commises par une partie d’entre eux. Cette structure interne interdit une conclusion uniforme sans tri préalable des passages.

Les données disponibles dans les sources convergent sur cette ambivalence. Comprendrelislam.fr parle d’un emploi parfois favorable, parfois péjoratif, selon le terme et le contexte. Mon-coran.com souligne aussi que les récits servent d’exemples pédagogiques pour les musulmans. Pour aller plus loin, il faut expliquer comment les exégètes articulent ces deux séries de versets.

Comment concilier les versets critiques et les versets positifs à l’égard des juifs ?

La conciliation repose d’abord sur le contexte. Les versets positifs portent souvent sur l’histoire sainte des Enfants d’Israël, sur la délivrance et sur la révélation reçue. Les versets critiques ciblent davantage des refus, des controverses doctrinales ou des manquements attribués à certains groupes. Cette distinction apparaît dans les références citées plus haut.

Le second niveau de conciliation concerne la théologie. Le Coran reconnaît la validité originelle de la Torah, mais affirme aussi que le message coranique vient confirmer puis corriger ce qui a été altéré selon sa propre perspective. Cette logique produit à la fois continuité et désaccord. Pour aller plus loin, il faut examiner un point très discuté, celui des versets sur les alliances et l’amitié.

Quatre repères pour lire les versets concernés
📖

Récit biblique
Mémoire des patriarches et de Moïse

2:47, 44:30-33

🧭

Statut théologique
Place des gens du Livre

Ahl al-Kitâb

⚖️

Critique morale
Fautes attribuées à certains groupes

5:13, 2:79

🕰️

Contexte de révélation
Lecture liée aux conflits et débats

622-632

Le Coran ordonne-t-il de ne pas prendre les juifs pour amis ?

Cette question dépend beaucoup de la traduction du mot awliya. Le débat est ancien et documenté. Le Monde diplomatique, dans un article de juillet 1969, rappelle que des traducteurs comme Kazimirski et Blachère ont proposé des rendus différents pour le verset 5:57, l’un parlant d’« amis », l’autre d’« affiliés ».

Cette divergence n’est pas secondaire. L’Encyclopédie de l’Islam, première édition, tome III, page 479, recense plusieurs sens possibles : tuteur, gardien, soutien, seigneur, patron d’un affranchi ou affranchi. Une traduction unique peut donc simplifier à l’excès un champ sémantique plus large. Pour aller plus loin, il faut regarder de près la portée exacte du mot awliya.

Que signifie le mot awliya dans les versets concernés ?

Le mot awliya ne correspond pas automatiquement à l’idée moderne d’amitié privée. Selon les sens recensés dans les sources savantes, il peut désigner une protection, une alliance, un patronage ou un soutien politique. Cette polysémie explique pourquoi certains traducteurs gardent un terme plus neutre que « amis ».

La conséquence pratique est claire : lire ces versets comme une interdiction générale de toute relation personnelle avec les juifs dépasse ce que le seul mot permet d’affirmer sans commentaire supplémentaire. Les discussions exégétiques portent donc sur l’alliance, la loyauté collective et le contexte conflictuel, plutôt que sur toute forme de lien humain ordinaire. Pour aller plus loin, il faut examiner le cas du combat dans la sourate 9.

Le Coran appelle-t-il au combat contre les juifs ?

Le verset 9:29 figure parmi les plus cités dans ce débat. Sa formulation vise « ceux ayant reçu l’Écriture » dans un cadre de combat jusqu’au paiement de la jizya, un impôt de capitation dans le droit musulman classique. Le Figaro, le 25 avril 2018, reproduit ce verset et renvoie à l’exégèse ancienne de Tabari, mort en 923.

Pris seul, ce verset paraît absolu. Mais les exégètes discutent son contexte historique, sa portée juridique et ses conditions d’application. Une lecture globale du corpus coranique et des commentaires classiques reste donc nécessaire. Pour aller plus loin, il faut préciser les limites d’interprétation de ce passage.

Le contexte du verset 9:29 et ses limites d’interprétation

Le verset 9:29 appartient à une séquence marquée par des rapports politiques et militaires. Les spécialistes rappellent généralement que ces passages ne s’interprètent pas comme des déclarations détachées de tout contexte. Les catégories de guerre, de trêve, d’alliance et d’autorité structurent la lecture juridique classique.

Cette mise en contexte ne supprime pas la dureté du verset. Elle montre toutefois qu’il ne suffit pas, à lui seul, pour résumer tout ce que dit le Coran sur les juifs. Le texte contient aussi des passages de reconnaissance religieuse et de mémoire commune. Pour aller plus loin, il faut regarder ce que disent les principaux tafsirs sur ces tensions.

Que disent les principaux tafsirs sur les passages qui parlent des juifs ?

Les tafsirs, c’est-à-dire les commentaires du Coran, jouent un rôle décisif. Ils précisent les causes de révélation, les sens possibles d’un mot et les liens entre versets. Le nom de Tabari revient souvent parmi les références anciennes majeures. Né en 839 et mort en 923, il figure parmi les exégètes les plus cités pour les passages polémiques.

Les tafsirs ne disent pas tous la même chose avec la même intensité. Certains insistent davantage sur les fautes attribuées à certains juifs, d’autres sur le contexte historique ou sur la distinction entre groupes. Il faut donc séparer le texte coranique lui-même, la traduction choisie et le commentaire qui l’accompagne. Pour aller plus loin, il reste à identifier des ressources fiables pour lire ces versets sans simplification excessive.

Où trouver des traductions et commentaires fiables des versets concernés ?

Une lecture solide demande de croiser plusieurs types de sources. Les traductions du Coran permettent une première approche, mais elles doivent être comparées lorsque les mots posent problème, comme awliya. Les travaux de traduction de Kazimirski et Blachère, même anciens, illustrent concrètement l’impact d’un choix lexical sur le sens perçu.

Pour le contexte, les articles de Comprendrelislam.fr et de Mon-coran.com offrent des repères de terminologie et de récit. Pour l’exégèse classique, les commentaires de Tabari restent une référence ancienne importante. Il faut enfin garder à l’esprit qu’un article de position, comme celui d’Islamweb daté du 18/10/2009, présente une lecture doctrinale particulière et non un simple inventaire neutre des versets. Pour aller plus loin, une comparaison directe entre plusieurs traductions et un tafsir reconnu permet généralement d’éviter les contresens.


Pièges fréquents dans la lecture des versets sur les juifs
  1. 1
    Isoler un seul verset. Cette méthode efface les passages positifs et produit une lecture partielle du corpus
  2. 2
    Confondre banû Isrâ’îl et al-yahûd. Les deux expressions n’ont pas exactement le même cadre historique ni la même portée théologique
  3. 3
    Traduire awliya sans nuance. Réduire le mot à « amis » peut masquer des sens comme soutien, protection ou alliance
  4. 4
    Prendre un commentaire militant pour le texte lui-même. Une source doctrinale forte, comme certains articles en ligne, ne remplace pas l’exégèse comparée
📘
Bilan des versets sur les juifs dans le Coran
Les chiffres et repères à garder en tête

3 termes
désignations clés

5 versets
références majeures

Le dossier repose surtout sur la terminologie arabe, le contexte des versets et les choix de traduction. Les passages favorables sur les Enfants d’Israël coexistent avec des versets de critique morale ou doctrinale adressés à certains groupes.

La lecture la plus fiable consiste à comparer le verset, plusieurs traductions et un tafsir reconnu avant de généraliser.

📖 banû Isrâ’îl et al-yahûd
✅ versets positifs et critiques
🧭 awliya et 9:29 à contextualiser

Le texte coranique ne se laisse pas réduire à une formule unique sur les juifs. La distinction entre récit historique, statut théologique et controverse morale permet d’éviter les lectures approximatives.

Les sources les plus utiles restent celles qui confrontent le verset, la langue arabe et le tafsir. Cette méthode éclaire mieux les passages difficiles que les citations isolées ou les résumés polémiques.

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